Quand on envisage une terrasse, la question du matériau arrive très vite. Le bois reste le choix préféré des Français, mais depuis quelques années, le bois composite grignote des parts de marché. On en voit partout dans les magasins de bricolage, sur les catalogues, dans les magazines déco. Les vendeurs vous promettent une terrasse sans entretien qui dure 25 ans. La réalité est un peu plus nuancée.
Qu’est-ce que le bois composite exactement ?
Le bois composite est un mélange de fibres de bois (souvent des chutes de scierie) et de résine plastique, généralement du polyéthylène ou du PVC. Le ratio tourne autour de 60 % de bois pour 40 % de plastique, avec des variations selon les fabricants. Cette composition lui donne un aspect bois sans en avoir tous les inconvénients. En tout cas, c’est la promesse.
Il existe deux grandes familles : les lames pleines et les lames creuses. Les premières sont plus lourdes, plus chères, mais aussi plus résistantes et plus proches du rendu bois massif. Les secondes sont plus légères et moins onéreuses, idéales pour les petites surfaces ou les budgets serrés.
Le vrai coût d’une terrasse en composite
Parlons chiffres. Une lame de bois composite coûte entre 30 et 70 euros le mètre carré, hors pose. À cela il faut ajouter la structure (lambourdes, plots, fixations), qui représente environ 20 à 40 euros de plus par mètre carré. La pose par un professionnel tourne autour de 50 à 80 euros du mètre carré.
Au total, une terrasse en composite revient entre 100 et 190 euros le mètre carré posé. Une terrasse en pin traité autoclave, c’est plutôt 60 à 100 euros. Le bois exotique comme l’ipé ou le cumaru se situe entre 120 et 200 euros. Le composite n’est donc pas forcément plus cher qu’un beau bois exotique, mais il l’est clairement par rapport à un pin traité.
Sur 15 ans, le calcul change. Le bois naturel demande un entretien régulier : nettoyage, dégriseur, saturateur tous les ans ou tous les deux ans. Comptez 5 à 10 euros par mètre carré et par an pour ces produits, plus le temps passé ou le coût de la main d’oeuvre si vous déléguez. Le composite, lui, ne demande qu’un coup de jet d’eau de temps en temps et un brossage doux si des taches apparaissent.
L’entretien : le vrai point fort du composite
C’est l’argument numéro un des fabricants, et il est en grande partie justifié. Une terrasse en composite ne grise pas comme le bois naturel. Elle ne nécessite ni ponçage, ni huile, ni saturateur. Un coup de balai et un lavage à l’eau savonneuse une fois par an suffisent dans la plupart des cas.
Attention quand même aux taches. Le composite n’est pas inaltérable. Les taches de gras (barbecue, crème solaire) peuvent marquer si on ne les nettoie pas rapidement. Les feuilles mortes qui décomposent en automne laissent parfois des traces brunes. Et les rayures existent : déplacer un salon de jardin en fer forgé sur du composite, c’est prendre le risque de laisser des marques blanches qui ne partent pas.
L’autre point à connaître : la chaleur. Le composite foncé peut devenir brûlant en plein soleil, bien plus qu’un bois clair. Si votre terrasse est exposée plein sud et que vous aimez marcher pieds nus, privilégiez les teintes claires.
L’aspect visuel : bois ou pas bois ?
Les composites d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose à voir avec les premiers modèles qui ressemblaient à du plastique nervuré. Les fabricants ont fait d’énormes progrès sur le rendu. On trouve désormais des lames avec un veinage réaliste, des teintes naturelles, des finitions brossées ou vieillies.
Cela dit, à l’oeil, on fait encore la différence avec un vrai bois. Le toucher aussi est différent, plus lisse, plus uniforme. Certains trouvent ça agréable, d’autres regrettent la chaleur et les imperfections du bois naturel. C’est une question de goût. Si vous voulez absolument l’aspect du bois, partez sur du bois. Si vous acceptez un compromis esthétique contre moins d’entretien, le composite est une option sérieuse.
Quelle durée de vie réelle ?
Les fabricants annoncent souvent 25 ans, parfois plus. Dans les faits, une terrasse en composite bien posée, sur une structure saine et bien drainée, peut effectivement tenir 20 à 25 ans sans perdre ses qualités structurelles. La couleur, en revanche, peut légèrement évoluer avec le temps, surtout sur les teintes foncées qui ont tendance à s’éclaircir sous l’effet des UV.
Le bois exotique bien entretenu peut tenir 30 à 40 ans, voire plus. Le pin traité, lui, plafonne souvent autour de 10 à 15 ans avant de vraiment se dégrader, même avec un entretien correct.
Alors, bois composite ou bois naturel ?
La réponse dépend de votre profil. Si vous détestez l’entretien et que vous voulez une terrasse propre sans y penser, le composite est fait pour vous. L’investissement de départ est plus élevé qu’un pin traité, mais vous le récupérez en temps et en produits d’entretien sur la durée.
Si vous aimez le bois, son odeur, sa texture, ses nuances qui évoluent avec le temps, restez sur du bois naturel. Acceptez juste de passer quelques heures par an à l’entretenir. Ce n’est pas une corvée pour tout le monde, certains trouvent même ça satisfaisant.
Si vous avez un budget serré et que vous voulez une terrasse tout de suite, le pin traité reste le choix le plus économique à court terme. Vous verrez dans 10 ou 15 ans si vous voulez passer au composite.
Un dernier conseil : quel que soit votre choix, ne négligez pas la structure. Une terrasse mal posée sur des lambourdes qui retiennent l’eau, c’est la garantie de problèmes dans tous les cas, composite comme bois naturel.
